Retour sur la rencontre avec Kei Lam par Clara

Publié le

Le vendredi 24 novembre 2017, la classe de 3°4 a rencontré Kei Lam, autrice et illustratrice
du roman graphique Banana Girl qui est une autobiographie qui raconte son enfance ou
comment une petite fille née à Hong-Kong se retrouve du jour au lendemain en France,
après 6 ans de vie en Chine et découvre une nouvelle culture et façon de vivre…

-Son parcours
La jeune femme de 32 ans nous raconte qu’avant de consacrer sa vie à l’illustration, elle fut
ingénieur pendant deux ans. Ces deux ans lui ont permis de mûrir son projet
d’autobiographie qui devait d’abord être présenté sous forme de bande dessinée mais qui a
finit par être un roman graphique. Elle décide de créer Banana Girl parce que lors de son
adolescence elle aurait aimé connaître une histoire semblable à la sienne mais elle n’a
jamais pu en découvrir. C’est la cohésion entre son idée et sa passion pour le dessin qui
font naître Banana Girl. Avant de concrétiser cette envie, Kei commence par prendre
des cours du soir en dessin mais ressent vite le besoin de s’entourer de professionnels,
c’est pourquoi elle quitte son travail et rejoint une école d’arts appliqués à Paris en 4ème
année, c’est un an et demie plus tard qu’elle finit ses études et devient illustratrice. Sa
vocation pour le dessin est peut-être dû à son père, passionné de peinture, qui est
aujourd’hui retourner vivre en Chine et vit de sa passion. Plus petite, elle ne rêvait pas de devenir
dessinatrice mais d’être détective.

Le thème de la double culture
Elle revient sur son arrivée en France qui n’a pas été facile. Cependant, son
“jeune” âge  (à six ans) lui a facilité l’apprentissage de la langue et l’intégration parmi les
autres enfants. Les deux premières semaines ont été assez difficiles, elle a beaucoup pleuré
mais a fini par s’y faire. Elle retourne à Hong Kong tous les trois à quatre ans pour rendre
visite à sa famille restée là-bas même si elle n’aimerait pas retourner y vivre parce qu’elle
préfère la vie parisienne. Elle ne se sent ni chinoise ni française mais bien mi-chinoise
mi-française. Si elle a des enfants, l’auteure ne sait pas si elle les éduquera avec la double
culture car elle sent qu’elle a tout de même perdu certaines traditions et coutumes de son
pays natal. Elle parle encore un petit peu chinois mais l’a tout de même un peu perdu, par
exemple, quand elle parle avec ses parents, elle utilise souvent un mélange de
plusieurs langues.

Histoire de l’œuvre Banana girl
C’est en octobre 2016 que l’artiste débute son œuvre. Elle nous avoue que plusieurs fois,
elle a eu envie d’arrêter mais elle s’est à chaque fois raccroché à l’idée qu’un jour quelqu’un
la lira et n’a donc jamais abandonné définitivement “Il ne faut rien regretter et avancer dans
la vie”. Le livre a été achevé en mars 2017 et publié en mai 2017. Afin de trouver un
éditeur, Kei s’est rendue dans de nombreuses librairies afin de connaître les différents
éditeurs et le travail qu’ils effectuaient afin de trouver lesquels pourraient correspondre à son
projet. Elle a ensuite rédigé des lettres aux éditeurs et a reçu des réponses positives,
notamment celle de la maison d’édition Steinkis, éditeur de Banana Girl.

On peut voir au début du livre qu’il est dédié aux autres bananes et noix de coco. Nous ne comprenons pas l’idée de noix de coco alors elle nous explique que les noix de coco sont en fait les
personnes de couleur de peau noire qui comme elle sont nés dans un autre pays mais sont
venu vivre en France et sont maintenant imprégnées de la culture occidentale. De même, on
peut lire en fin de livre une citation de Isaac Newton “Les Hommes construisent trop de murs
et pas assez de ponts”, phrase de signature de sa maison d’édition mais qui trouve quand
même une signification particulière à la fin de ce livre  Banana Girl. La dessinatrice précise
même avec humour que le dessin qu’elle a réalisé pour illustrer cette citation est désormais
la signature de son éditrice ce qui l’a fait assez rire quand elle reçoit un mail de cette
dernière.

-Dessinatrice, auteure et chef d’entreprise…..
Suite à de nombreuses questions, la dessinatrice nous explique que ses illustrations sont un
mélange entre dessins manuels et dessins numériques réalisés à l’aide d’une tablette
graphique. Le style de dessin que l’on a pu découvrir est propre à son roman graphique. Elle
réalise tout ses dessins seule, elle peut être aiguillée par son éditrice mais les fait vraiment
seule.
Kei nous confie que grâce à la sortie de son livre, elle a eu l’occasion de faire de nouvelles
choses comme passer à la télévision ou à la radio. En ce moment, elle travaille sur deux
projets, le tome deux de Banana Girl dans lequel on découvrirait la jeune fille du tome un
devenir une adolescente, qui sortirait en 2019 et sur des illustrations pour un livre jeunesse
écrit par une autre auteure. Elle aimerait aussi que son autobiographie soit adaptée en film
mais tout cela ne dépend pas d’elle, il faut d’abord attendre de voir si son livre rencontre un
succès suffisant, chose qu’elle ne sait pour le moment pas, et que son livre soit repéré puis
son livre pourrait être adapté. Toujours en fonction de son succès, le livre pourrait être
traduit pour d’autres pays.
A ce jour, la jeune femme ne se considère pas que comme illustratrice ou écrivain mais bien
comme chef d’entreprise, elle doit s’occuper de sa comptabilité par exemple, ce qui ne lui
assure pas un salaire fixe. De même, elle essaie de se fixer des plages horaires de travail
mais ne le suit pas toujours, il lui est déjà arrivée de sauter des repas ou de ne pas dormir
pour travailler. Hormis le dessin et l’écriture, sa passion est la cuisine, elle aime la cuisine du
monde.

La jeune femme est victime chaque jour de racisme, mais essaie de ne pas s’énerver. Des
questions embêtantes sur les clichés, des bonjours en chinois dits de manière peu aimable
ou encore d’autres choses encore. Tout cela ne lui est pas agréable et la touche. Le racisme
n’est pas quelque chose d’acceptable dans le monde, Kei nous dit que nous sommes tous
quelque part des citoyens du monde.
Depuis la Chine, les chinois ont une certaine vision des français comme les français sont
des râleurs, font beaucoup de grèves, aime beaucoup le vin et le fromage, ces clichés ont
fait rire la classe.


Je pense que nous garderons tous un joli souvenir de cette rencontre avec une femme qui
répond à toutes nos questions, et sourit tout le long de la rencontre durant laquelle Malo,
Léo, Lola, Cléa, Gauthier, Rémi et moi avons aussi pu lui présenter nos planches préférés,
lire nos avis ou encore lui parler d’autres ouvres qui lui ont fait penser à la sienne. Toute la
classe a pu lui poser des questions et échanger avec elle.

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